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Doctrine du renseignement & Radicalisation

La CGT Insertion Probation a été reçue en audience le 8 novembre 2018 par le Bureau Central du Renseignement Pénitentiaire (BCRP), au sujet d’un projet de doctrine du renseignement en milieu ouvert.

nov 18 doctrine renseignement

 A cette occasion, nous avons rappelé nos positions, et réaffirmé notre souhait que le renseignement, la « détection », « l’évaluation du risque », de la « dangerosité », le « signalement » – bref, toute la logique prédictive du renseignement et du recueil d’informations – ne viennent pas perturber les missions des SPIP.

  Celles-ci sont contraires à la relation de confiance et à la transparence que supposent toutes intervention et prise en charge socio-éducative.

La CGT a, pour ce faire, rappelé deux textes importants :

  • Tout d’abord les lignes directrices à l’intention des services pénitentiaires et de probation concernant la radicalisation et l’extrémisme violent, adoptées par le Conseil de l’Europe le 02 décembre 2015.

Celles-ci stipulent que « les personnes s’employant à la réadaptation des détenus devraient être capables d’opérer avec l’autonomie et l’indépendance appropriées par rapport aux acteurs qui se livrent à la collecte de renseignements sur des extrémistes violents. En effet, le succès de la réadaptation dépend de la confiance découlant de cette autonomie. » Le commentaire est encore plus clair : « Si [les personnes détenues] soupçonnent au contraire les éducateurs, les travailleurs sociaux ou les représentants religieux de remplir une mission de renseignement ou de surveillance, il est probable que le programme de réadaptation non seulement échoue, mais engendre en outre un ressentiment et une défiance envers les autorités et la société de la part des détenus ou des personnes en probation. En d’autres termes, les programmes de réadaptation, pour qu’ils puissent être menés à bien, ne devraient jamais reposer sur une logique de sécurité et de suspicion ; cet objectif ne peut être garanti que par un certain degré de répartition des rôles entre réadaptation et surveillance. »

 

  • Le cadre légal et l’article D.581 du Code de Procédure Pénal :

« Les membres du service pénitentiaire d’insertion et de probation sont tenus au secret professionnel dans les conditions prévues par les articles 226-13 et 226-14 du code pénal. »

 

Nous avons donc demandé au BCRP de comprendre pourquoi le législateur a prévu ce secret pour les seuls membres des SPIP au sein de l’administration pénitentiaire, et nous avons souligné que le secret professionnel n’existait que pour une seule chose : pour permettre d’établir un rapport de confiance avec un usager. La CGT a donc expliqué en quoi cette mission du renseignement n’était pas compatible avec celle de la réinsertion sociale – ni même avec celle de la prévention de la récidive, dont le seul énoncé ne permet ni toutes les postures professionnelles ni les injonctions contradictoires.

 

A l’heure du déploiement du RPO 1, au moment où celui-ci met l’accent sur des savoirs-être qui réaffirment de façon centrale la notion de confiance, de relation positive, de soutien et d’accompagnement des personnes suivies, il n’est pas plus la peine d’expliquer en quoi le renseignement constitue une « torsion éthique » incompatible avec les pratiques des SPIP, ni en quoi le recueil d’informations, le partage à outrance, voire la détention d’informations non partageables avec la personne suivie sont autant de freins dans la prise en charge !

 

            Nous demandons donc à l’administration pénitentiaire

de ne pas dénaturer nos missions.

Nous sommes faits pour individualiser la peine, pour la faire correspondre à la situation sociale, familiale et matérielle que nous avons évaluée.

Nous sommes faits pour « lutter efficacement contre la récidive en favorisant la réinsertion des personnes[1] », pas pour nourrir le renseignement !

 

[1] – Circulaire de la DAP n° 113/PMJ1 du 19 mars 2008 relative aux missions et aux méthodes d’intervention des services pénitentiaires d’insertion et de probation

Le 6 décembre, je vote CGT !
 

 

 

Les libertés fondamentales dans le viseur – CSFPE du 7 février 2018 

Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Action et des comptes publics, qui présidait ce CSFPE a en introduction rappelé les quatre priorités du gouvernement en matière de relation avec les agents publics : instaurer un dialogue social plus fluide recentré sur les enjeux les plus importants (autrement dit la réduction du nombre des instances représentatives), individualiser la rémunération (le RIFSEEP doit prendre toute son ampleur) , accompagner les évolutions de carrière (s’agit-il du plan de départ volontaire annoncé le 1er février ?) et élargir le recours au contrat.

Les concertations à venir seront l’occasion de débattre sur ces thèmes ainsi que sur les missions et le rôle des agents.

Pour en savoir plus, lire le compte-rend UFSE-CGT

Extrait du compte-rendu concernant un projet de décret d’application de la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme du 30 octobre 2017 : les libertés fondamentales des fonctionnaires et notamment des personnels pénitentiaires dans le viseur 

1. Projet de décret portant application de l’article L. 114-1 du Code de la sécurité intérieure La loi n°2017-1510 du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme a modifié l’article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure qui autorise la réalisation d’enquêtes administratives préalables aux décisions de recrutement, d’affectation, d’autorisation, d’agrément ou d’habilitation concernant les emplois publics participants à l’exercice des missions de souveraineté de l’Etat et ceux relevant du domaine de la sécurité ou de la défense. La nouvelle version de l’article L. 114-1 étend, d’une part, le pouvoir d’enquête administrative en cours d’exercice des fonctions ou des missions en vue de vérifier si le comportement des personnes physiques intéressées demeure compatible avec ces fonctions ou missions. D’autre part, elle tire les conséquences d’une incompatibilité du comportement du fonctionnaire concerné. En cas d’incompatibilité et d’impossibilité de procéder à un changement d’affectation de l’intéressé dans d’autres fonctions, l’administration qui l’emploie prononce sa mutation dans l’intérêt du service ou procède à sa radiation des cadres, s’il fait peser une menace grave sur la sécurité publique. La mutation dans l’intérêt du service et la radiation interviennent après mise en oeuvre d’une procédure contradictoire qui prévoit la consultation d’un organisme paritaire. L’objet du présent décret est de créer cet organisme pour la fonction publique de l’Etat. Il précise la composition et le fonctionnement de la commission consultée par l’autorité de nomination d’un fonctionnaire de l’Etat préalablement à la prise d’une mesure de mutation dans l’intérêt du service ou de radiation des cadres. Il prévoit que les personnes qui font l’objet d’une enquête administrative soient informées de la consultation des traitements automatisés de données à caractère personnel relevant de l’article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.

La deuxième partie de la déclaration liminaire de la CGT porte sur ce texte : « Enfin, la méthode – brutale et unilatérale – laisse peu d’espoir sur le fait que nous ayons la même conception du dialogue social ! D’ailleurs, pour en venir à l’ordre du jour du CSFPE, la première des remarques de la CGT, est que – une fois de plus – nous étions en droit d’attendre beaucoup mieux, s’agissant de textes aux lourds enjeux. Plutôt, que convoquer un CSFPE dans l’urgence, le gouvernement aurait été mieux inspiré en ouvrant une véritable concertation dès l’examen de ce qui était encore un projet de loi sur la sécurité intérieure à l’automne dernier. En effet, les clauses qu’il a lui-même introduites auraient largement justifié un débat très en amont avec les organisations syndicales représentatives de la Fonction publique. Car, au fond, pour la CGT, l’objet de notre divergence ne porte pas tant sur les décrets examinés aujourd’hui et la mise en place de la commission qui ne sont que les déclinaisons de l’article L114-1 de la loi (même si elle pose des questions -voire des réserves – importantes -par exemple, le fait que les membres de la commission n’auront pas accès à l’intégralité des documents constituant le dossier -) cette commission ne constitue pas globalement un recul. En revanche, à nos yeux l’article incriminé, lui, en constitue un. Evidemment, le sujet évoqué est extrêmement sensible et essentiel, et ce n’est pas la CGT qui – de près ou de loin – laissera entendre que la lutte indispensable contre ceux qui commettent des actes irréparables et intolérables est un combat mineur dont notre organisation se désintéresserait. Mais, affirmer cela haut et fort ne saurait être synonyme qu’il ne puisse y avoir débat et même désaccords sur les politiques à mener pour empêcher ou endiguer la barbarie. Or, dans le cas d’espèce, la CGT considère que l’article L114-1 – en l’absence de faits constitués et prouvés – fait reposer la procédure, pouvant aller jusqu’à la révocation de l’agent public, sur des soupçons dont, une fois encore, on ne pourra connaitre ni l’intégralité ni même sans doute les pièces les plus importantes. La CGT estime donc que les garanties nécessaires ne sont pas apportées. Faut-il rappeler qu’en 1983 l’enquête préalable de moralité précédant l’embauche d’un fonctionnaire avait été abrogée en raison, justement, de sa subjectivité et des interrogations qu’elle soulevait, au profit de l’inscription au casier judicaire. De surcroit, une loi n’est pas faite que pour quelques mois. Or, nul ne peut affirmer, que demain, d’aucuns ne pourraient pas se servir d’un tel outil législatif – qui laisse beaucoup trop de flou – pour sanctionner des opinions religieuses, politiques ou même des engagements syndicaux. Or, pour la CGT, il s’agit là de libertés fondamentales qui ne peuvent souffrir la plus minime remise en cause, y compris dans la Fonction publique. Ce sont ces raisons qui nous amèneront à voter contre le décret soumis en tant, encore une fois, qu’il n’est que la conséquence d’une loi que nous n’approuvons pas. Et nous nous abstiendrons en conséquence sur tous les amendements. »

Vote global sur le texte : Contre : CGC – CGT – FO – FSU – Solidaires Abstention : CDFT – UNSA

CGT SPIP 13 Visite du directeur de l’administration pénitentiaire

Monsieur le Directeur de l’Administration Pénitentiaire, Monsieur le Directeur Interrégional des Services Pénitentiaires PACA-Corse,

tract CGT VISITE DAP

Votre visite intervient aujourd’hui dans un contexte de tension tant au niveau des SPIP que des établissements pénitentiaires. A l’image d’autres SPIP du département, le SPIP de Marseille est un service mobilisé, qui exige l’application immédiate de la réforme de la filière Insertion et probation. L’audience à L’Elysée du 07/02/2018 n’a pas permis d’acter d’engagement de l’Etat. Nous attendons des réponses rapides à nos revendications.

A ces tensions, témoins du manque de reconnaissance des missions et du travail quotidien des personnels des SPIP, se rajoutent des inquiétudes locales importantes concernant les besoins en ressources humaines ; aujourd’hui fortement carencés sur le département ; les calendriers sans arrêt reportés d’ouverture et de fermeture d’établissement qui impactent directement les réorganisations et restructurations des services SPIP de Marseille et d’Aix en provence.

Nous sommes très inquiets des orientations de la réforme pénale, des chantiers en cours et de l’application du RPO 1, d’autant que nos charges de travail sont grandissantes et nos effectifs sur l’antenne de Marseille en grande souffrance (2 départs en retraite non remplacés, 3 à venir, 7 congés maternité, 1 agent CPIP contractuel jusqu’en mai 2018).

La prise en charge des publics dits radicalisés ou en voie de radicalisation nous interroge par ailleurs, d’autant que les déclinaisons au local sont d’une grande opacité pour les agents des services du département, tant en MO qu’en MF (rôle exact du binôme PLAT, rôle de l’éducatrice PLAT, pas ou très peu de retour aux agents en charge des suivis).

Dans ce contexte de mouvement des personnels à venir et d’incertitudes actuelles sur le département, nous resterons très vigilants à ce que les agents soient accompagnés, considérés et écoutés afin de prévenir les risques psycho-sociaux.

Marseille, le 09/02/2018.

La CGT insertion probation dans la presse

L’administration pénitentiaire verrouille le débat interne sur la radicalisation

Alors que la prévention de la radicalisation violente en prison tâtonne, l’expression publique de voix critiques de syndicalistes est bâillonnée par la direction.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Romain Ouertal

Prison de Villepinte (Seine-Saint-Denis), en mars.

Depuis sept ans qu’elle travaille au sein du Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) du Lot-et-Garonne, Eglantine Bourgognon a une habitude. Conseillère d’insertion et représentante CGT, elle partage régulièrement, via sa boîte mail professionnelle, des articles ou des décisions de justice qui touchent « à ce qui nous occupe : la politique pénale, la gestion de la délinquance… ». Transmis aussi bien à des collègues qu’à des membres de la direction, ces mails n’avaient, d’après elle, jamais posé de problèmes particuliers. Au contraire, « jusqu’à maintenant, j’avais plutôt eu des retours positifs, c’est aussi le devoir d’un fonctionnaire de s’informer », justifie-t-elle. Le 23 mars 2017, c’est un article sur le thème de la radicalisation qu’elle partage.

Le sujet est sensible. Les conseillers d’insertion et de probation, dont la mission est de prévenir la récidive et de favoriser la réinsertion des personnes condamnées, peuvent être appelés à contribuer à « la prévention de la radicalisation violente ». Un changement critiqué notamment par la CGT insertion-probation et la Snepap-FSU, majoritaires au sein des SPIP, qui y voient le risque d’une dénaturation de leur métier et une atteinte « à la relation de confiance » avec les personnes qu’ils ont en entretien.

Dès le lendemain, un mail de son supérieur vient signifier à Eglantine Bourgognon qu’il ne lui appartient pas de « diffuser des articles d’opinions » par sa messagerie professionnelle et qu’elle s’exposerait « à une sanction disciplinaire si cela se renouvelait ». L’article en question, « Radicalisation et mystifications », a pourtant été écrit par deux enseignants-chercheurs du laboratoire de recherche de l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire, qui forme l’ensemble des personnels pénitentiaires en France. « Ce thème est tellement sensible que la direction veut tout maîtriser », lance Eglantine Bourgognon qui,…

Pour lire l’article dans son intégralité cliquer sur le lien suivant: Version imprimable article Le monde 23 mai 2017 

Pénitentiaire. On ne badine pas avec la radicalisation

ALEXANDRE FACHE
MERCREDI, 26 AVRIL, 2017
L’HUMANITÉ
Delphine Colin, secrétaire nationale de la CGT insertion et probation : « Le problème de fond, c’est la volonté de faire de la pénitentiaire un instrument du renseignement intérieur, alors que notre rôle premier, c’est la réinsertion des détenus. » Ludovic/REA

À Agen, une conseillère d’insertion, militante CGT, est menacée de sanction pour avoir diffusé un article sur le sujet. Une nouvelle censure, un an après l’affaire Mylène Palisse.

Les prisons se remplissent, mais les cerveaux, eux, sont priés de se vider. Alors que le nombre de personnes détenues en France vient de battre un énième et triste record, dépassant en avril la barre des 70 000 détenus, l’administration pénitentiaire s’attaque de nouveau à la liberté de penser de ses agents. En l’occurrence, celle d’…

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COMPTE RENDU AUDIENCE INTERS DISP STRASBOURG LE 9 MAI INTERSYNDICALE 017

Radicalisation et renseignement pénitentiaire, plan immobilier concernant les SPIP, bilan ressources humaines, santé sécurité au travail, situations particulières de l’antenne de Mulhouse et du SPIP de Moselle

Version imprimable CR Audience DISP Strasbourg du 90517

RADICALISATION – RENSEIGNEMENT PENITENTIAIRE

Une nouvelle présentation du dispositif de prévention de la radicalisation et du renseignement pénitentiaire nous a été faite. Nous ne reviendrons pas dans le détail dans ce compte-rendu puisque beaucoup de services en réunion départementale ont eu la même.

Il apparaît néanmoins des priorités urgentes sur lesquelles l’administration devrait se pencher.
Les SPIP ont besoin d’une harmonisation des pratiques et d’une clarification des informations qu’il est utile de faire remonter et que les agents ont le droit de divulguer. La CGT a rappelé une nouvelle fois, que l’administration ne pouvait s’asseoir sur le secret professionnel des CPIP. En outre la définition d’une déontologie professionnelle propre devient indispensable. Les agents sont en perte de repères et en insécurité professionnelle totale face à ce flou entretenu.

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Compte-rendu du Comité Technique du SPIP du Nord du vendredi 05 mai 2017

Déclaration liminaire au CT

Le présent CT a été convoqué par la DFSPIP à la demande des représentants élus de la CGT EPI 59. La CGT EPI 59 a tenu à rappeler à la DFSPIP que ce même jour (le vendredi 5 mai 2017) se tenait un Comité Technique Ministériel (CTM) à la DAP en présence du Garde des Sceaux, visant à valider et adopter la réforme statutaire des CPIP et des DPIP. Cette réforme, même si elle est imparfaite, consacre des avancées et une revalorisation significatives pour les CPIP, notamment par le passage en catégorie A.

Version imprimable Compte-rendu du CT du SPIP du Nord du vendredi 5 mai 2017

Il a été rappelé qu’1 an auparavant, jour pour jour, les CPIP battaient le pavé à Paris dans le cadre d’une manifestation nationale historique. Cette réforme et ces avancées sont le fruit d’un mouvement social des SPIP dont la CGT Insertion et Probation a été le fer de lance dans le cadre de l’Intersyndicale.

Cette réforme montre bien que la mobilisation et la lutte des CPIP étaient légitimes et que la ténacité paie. Le Président de la République (signature du relevé de conclusion à l’Elysée), le Ministre de la Justice et le DAP ont reconnu de facto la légitimité de notre mouvement au vu de la conclusion ce jour du CTM. Il aura fallu batailler jusqu’au bout, jusqu’à la veille du second tour de l’élection présidentielle pour l’arracher.

Et pourtant, il y a 1 an, nous subissions sur les terrains des pressions et des menaces de sanction de la part de notre DFSPIP, qui tentait d’étouffer ce mouvement des SPIP pour une juste reconnaissance de nos missions et de notre savoir-faire. Nous aurions aimé avoir le soutien de notre hiérarchie. Nous nous sommes battus malgré vous, Madame la DFSPIP, mais aussi pour les SPIP, pour nous, pour vous.

A l’ordre du jour de ce Comité Technique, qui s’est tenu à la demande de la CGT EPI 59, figuraient:

  • La politique du SPIP du Nord concernant le champ de la radicalisation
  • La réorganisation et le fonctionnement du pôle milieu fermé de la Maison d’arrêt de Dunkerque
  • La note du département du 26/11/10 relative aux analyses médicales
  • Le projet de déménagement de l’antenne (MO) de Douai
  • Le projet d’agrandissement et de sécurisation de l’antenne de Cambrai
  • Le fonctionnement de l’antenne de Valenciennes
  • Un état des lieux des effectifs sur les antennes du département
  • La validation des travaux du COPIL Violence et des fiches réflexes

 

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RENNES COMPTE RENDU CT-I DU 23 MARS 2017

Après lecture de la déclaration liminaire de la CGT, le directeur interrégional a tenu à y répondre :

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Concernant la lutte contre la radicalisation, M. Lechevallier estime que tous les « moteurs ne sont pas en route ». Il reconnait que la compétence et le rôle des binômes de soutien restent flous, que leur méconnaissance de l’administration pénitentiaire, comme du public, rend difficile une reconnaissance par les professionnels de l’AP et semble circonspect sur la plus-value de leur intervention.

Concernant la formation continue, il a tenu à ré-affirmer qu’il souhaitait que les agents se forment, et que le groupe de travail DISP consistait à travailler sur une procédure visant à faciliter la remontée des besoins afin de faire des propositions plus larges et plus justes de formations, pour qu’elles tiennent compte des demandes des agents.

Enfin, sur le 3ème point de la déclaration liminaire, il reconnait la souffrance des agents sur les territoires cités et entend mener à bien les engagements pris – notamment sur le SPIP 14. Il souhaite également être attentif sur les risques psychosociaux sur les lieux de travail.

 

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DI RENNES Déclaration Liminaire : CTI du 23 Mars 2017

Monsieur le Directeur Interrégional,

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Encore une fois, beaucoup de thématiques demandées à être portées à l’ordre du jour par notre syndicat ne seront finalement pas abordées.
Pour la CGT, c’est un véritable regret de ne pouvoir rapidement évoquer la politique portée par la DAP puis par la DI autour de la radicalisation.

C’est aussi une vraie déception de ne pouvoir discuter aujourd’hui de la politique d’accès à la formation portée par les directeurs des structures de la DI : établissements et SPIP.
En effet, nous sommes inquiets Monsieur le Directeur Interrégional.

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Radicalisation à la pénitentiaire

Les 2 et 3 février 2017, 180 conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation référents « radicalisation violente » sont réunis pour deux jours de formation sur la radicalisation par la direction de l’administration pénitentiaire. La CGT vient à leur rencontre et organise une distribution de ce tract devant l’administration pénitentiaire.

Version imprimable tract radicalisation-à-la-pénitentiaire

LE RENSEIGNEMENT INNERVE NOS PRATIQUES : QUELS ENJEUX DEONTOLOGIQUES ?

Le Ministère de la Justice est plus occupé à faire de l’administration pénitentiaire une antichambre du ministère de l’intérieur en la dotant à compter du 1er février 2017 d’une nouvelle sous-direction de la sécurité et en intégrant le renseignement pénitentiaire au second  cercle du renseignement. Cette nouvelle sous-direction coordonnera toutes les prises en charge des personnes suivies en milieu fermé et milieu ouvert et le renseignement pénitentiaire pourra utiliser toutes les techniques de renseignement intrusives envers tous nos publics et leur entourage.

De la lutte contre le terrorisme à la prévention de la radicalisation, le ministère de la justice s’est perdu dans un glissement sémantique très inquiétant. Sous couvert de repérage et de détection de la radicalisation, des logiques de prédiction de la dangerosité, de stigmatisation de populations et de discriminations se mettent insidieusement en place et les prises en charge socio-éducatives sont détournées de leur objectif de réinsertion pour alimenter un renseignement pénitentiaire au détriment de notre secret professionnel et de nos positionnements déontologiques.

Les lignes directrices du Conseil de l’Europe de mars dernier rappellent pourtant avec insistance qu’il est impératif que les personnels des SPIP chargés du suivi ne soient pas des agents de renseignement au risque de voir le lien de confiance, base de notre travail, brisé. En parfaite opposition avec de telles recommandations, le ministère de la Justice est en train d’organiser de manière concrète la collecte de renseignements par le biais des personnels des SPIP à destination de services de renseignements extérieurs, en totale opacité vis-à-vis de notre public pris en charge. Ce détournement de nos missions met en danger gravement les personnels qui risquent fort de subir ces continuelles injonctions paradoxales !

Ainsi la CGT attend avec impatience l’avis de la Commission consultative des droits de l’homme sur la question de la radicalisation qui doit être rendu en mars prochain.

LA SPECIALISATION « TERRO/ RADIC »: QUELS ENJEUX DANS LES SERVICES ?

Aujourd’hui, dans les services, une spécialisation des conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation se met en place. Malgré l’avis unanime des organisations professionnelles, l’administration a imposé ce nouveau schéma d’organisation.

Volontaires, « volontaires désignés », professionnels investis de ces problématiques, les situations sont variables d’un service à un autre mais ce qui est sûr c’est que ces organisations de service n’ont été concertées ni à l’échelon national, ni à l’échelon local et qu’elle vont créer une usure professionnelle, une responsabilité accrue des professionnels,  un système de formation continue à deux vitesses, une remise en cause d’une sectorisation géographique qui pourtant est propice au développement d’un réseau partenarial de qualité et d’une connaissance accrue de notre public.

D’un service à un autre, les CPIP référents devront suivre les personnes condamnées pour des faits liés au terrorisme, ou toutes les personnes susceptibles de se radicaliser. Il ne s’agit pas là des mêmes enjeux. Mais à chaque fois, le ministère préconise une décharge de dossiers. Faut-il rappeler qu’actuellement il n’existe toujours pas d’organigrammes ni de ratio ! Un tel déploiement de moyens humains et financiers interroge puisque à côté l’ensemble de notre public est pris en charge par un service public exsangue où dans la majeure partie des SPIP, chaque CPIP doit toujours prendre en charge une moyenne de 120 personnes !

UNE PAROLE MUSELEE ET SANCTIONNEE : REAGISSONS !

La direction de l’administration pénitentiaire vient de confirmer la sanction disciplinaire  de 7 jours d’exclusion avec sursis à l’encontre de Mylène Palisse, conseillère d’insertion et de probation, élue CGT : pour s’être exprimée à titre syndical dans la presse le 13 avril dernier sur le sujet de la prévention de la radicalisation au sein de nos services.

L’administration préfère jeter l’opprobre sur une militante de la CGT et alimenter les rumeurs plutôt que d’admettre qu’elle s’acharne sans fondement sur une conseillère d’insertion probation qui n’a fait qu’amener dans le débat public des questions d’intérêt général.

Et bien soyons clairs : Mylène Palisse passait en commission de discipline pour son expression à titre syndical dans la presse et pour rien d’autre ! Non, elle n’a divulgué aucune information confidentielle et oui la presse est libre n’en déplaise au Ministère de la Justice. Plus que jamais, signons et faisons signer la pétition liberté sous écrou « Respectez la liberté d’expression ».

La CGT revendique des politiques publiques et des moyens pour un service public de qualité afin de nous permettre d’assurer nos missions de réinsertion auprès de tous nos publics !

La CGT revendique un cadre déontologique clair et la réaffirmation de notre mission de réinsertion !

La CGT revendique une liberté d’expression nécessaire dans ce contexte d’état d’urgence ou l’instrumentalisation des peurs et les pressions culpabilisatrices prennent le pas sur la raison !

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