SPIP 60 LABELLISATION, PIEGE à C….PIP

Depuis plusieurs mois, la Direction de l’antenne milieu fermé de Liancourt essaie de convaincre son équipe des apports et bienfaits d’une labellisation du parcours sortant. Si l’établissement venait à ne pas être labellisé à cause du SPIP, ce serait une « honte ».

Depuis plusieurs mois, l’équipe de Liancourt explique à son chef d’antenne que plus que le label, ce qui est important c’est de mettre en place une procédure applicable et efficace. Pour l’équipe, ce qui est honteux ce n’est pas de ne pas avoir un label pour le parcours sortant mais c’est de ne plus être en capacité de préparer la sortie des personnes détenues correctement par manque de temps et de moyens.

Le temps passait et les échanges avaient lieu pour tenter de trouver un processus permettant d’avoir la labellisation tout en ne perdant pas trop de temps dans des processus inutiles et chronophages.

Version imprimable Communiqué sur la labellisation parcours sortant à Liancourt

Tout à coup alerte !!! L’audit blanc qui devait avoir lieu en septembre 2016 a lieu début mai 2016 !!! Vite, une note est préparée et présentée en réunion de service le 25 avril 2016.

Qu’importe que la note ne prenne en compte ni les différents échanges précédents ni la réalité du terrain, il faut présenter quelque chose !!

Voyons un peu de près cette note…

De loin, l’intention est louable: permettre un meilleur transfert des informations aux collègues des SPIP concernant les personnes détenues qui sont libérées ou transférées.

Sauf que l’application de cette note telle quelle entraînerait :

– de nombreux doublons avec des écrits à faire sur GENESIS puis sur APPI,
– la rédaction de rapports complets pour les personnes détenues libérées sans mesure en MilieuOuvert adressés à… personne, dans un unique but de « traçabilité ».
– une note APPI à rédiger pour les personnes détenues libérées en OML.

– la demande d’un véritable rapport pour les personnes détenues transférées avec jusqu’à deux entretiens prévus dans la « check list » alors que la transmission de quelques éléments essentiels via APPI devrait suffire aux collègues.
– la mise en place d’une « check list » qui ressemble à une (auto ?) évaluation et qui permettra de voir tout ce que le CPIP n’a pas eu le temps de faire, accaparé par les différents écrits, commissions, procédures bien trop souvent inutiles.

Si un processus sortant doit être mis en place ce n’est pas pour gagner un quelconque label mais pour permettre une prise en charge de personnes placées sous main de justice plus efficace.
A l’heure actuelle, il est constaté ce paradoxe : pris dans des multiples procédures, les CPIP passent de moins en moins de temps à prendre en charge et accompagner les personnes détenues tout en faisant de plus en plus d’écrits ou de réunions les concernant, cette situation met de plus en plus mal à l’aise les professionnels et leur fait perdre le sens de leur intervention. Il est inutile de rajouter des procédures supplémentaires.

Face à ces différents constats, l’équipe de Liancourt tire le signal d’alarme car sans réécriture de la note, le piège se refermera. Les CPIP ne seront pas en capacité de l’appliquer ou l’appliqueront au détriment du véritable suivi en sacrifiant une fois de plus ce qui est leur cœur de métier : le temps en entretien qui permet de préparer l’insertion des personnes détenues et d’affiner l’évaluation faite dans les rapports.

Face à ces différents constats, l’équipe de Liancourt demande que la note sur le processus sortant soit réécrite :
– en supprimant les tâches inutiles (rapports sans destinataires, doublons entre GENESIS et APPI, etc…).

– en remplaçant les rapports de liaison par des notes APPI (par exemple pour les transferts en indiquant uniquement les informations utiles du type: demande d’aménagement de peine déposée, Permissions de Sortir obtenues, etc..).
– en supprimant la check list qui devait au départ remplacer le rapport de liaison.

L’histoire des SPIP est pavée de fausses bonnes idées (segmentation, DAVC, NPAP…) dans lesquelles les hiérarchies des SPIP ont sauté à pieds joints en amenant avec eux des équipes, cette fois ci il est encore possible d’éviter le piège !!

Liancourt, le 26 avril 2016