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Documentaire de Stéphane Mercurio : Toutes les projections

La CGT insertion probation soutient ce film. LE SITE DU FILM 

La CGT insertion probation est  l’union nationale de syndicats CGT, représentatifs des personnels des services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP). Ces services assurent l’accompagnement socio-éducatif vers la réinsertion des personnes détenues et de celles condamnées à des peines de probation ou bénéficiant d’aménagements de peine. La CGT insertion probation se bat pour de meilleures conditions de travail et de meilleures conditions pour les personnes prises en charge mais également pour un service public de qualité et une autre politique pénale faisant de la prison l’exception.

« Après l’ombre est un documentaire magnifique dans lequel Stéphane Mercurio a su nous faire partager une aventure humaine où la confiance, les mots, l’émotion, la création, le collectif permettent un autre regard sur la prison et sur le vécu des personnes qui en font l’expérience. La force de ce film est ainsi de pouvoir mettre des mots sur l’enfermement, non pas de l’intérieur mais en dehors des murs, sur les planches, à travers des parcours de vie qui se livrent avec une vérité touchante. Ce film d’utilité publique contribue à une réflexion qui s’impose aujourd’hui sur l’enfermement, sur la peine et sur les réalités du monde pénitentiaire qui empêchent les expressions aussi bien des personnes détenues que des personnels ».

 

TOUTE L’ACTUALITE DES PROJECTIONS ET SUR LA SORTIE DVD : https://apreslombre.com/2017/12/15/programmation-2/

L E   N O U V E A U   D O C U M E N T A I R E   D E

S T É P H A N E   M E R C U R I O

RÉALISATRICE DE MOURIR ? PLUTÔT CREVER, À LOMBRE DE LA RÉPUBLIQUE, À CÔTÉ

D É C O U V R E Z   L A   B A N D E   A N N O N C E  !

Pour sa nouvelle création, le metteur en scène Didier Ruiz, invite d’anciens détenus à parler
et à sortir d’un silence trop souvent douloureux.
Raconter la prison, la façon dont elle grave dans les chairs
des marques indélébiles et invisibles.
Mais le film parle aussi d’un voyage, celui qui va permettre
à cette parole inconcevable de jaillir de lombre
pour traverser les murs.

« Une longue peine, comment ça se raconte ?
C’est étrange ce mot qui signifie punition et chagrin en même temps. » Didier Ruiz

 

 

CHANTIER JUSTICE N°5 « SENS ET EFFICACITE DE LA PEINE » : DECRYPTAGE

Nous ne reviendrons pas ici sur la méthodologie employée pour réfléchir sur ces 5 chantiers de la Justice qui s’inscrit dans la droite ligne du rouleau compresseur de CAP 2022, dévastateur pour els services publics et la fonction publique. La CGT a déjà communiqué dessus.[1]

DECRYPTAGE CHANTIERS JUSTICE CGT IP Février 2018VD

Le 5e chantier sur le « Sens et l’efficacité de la peine » portait sur les points suivants : repenser la détention provisoire, adopter une nouvelle conception de la peine, simplifier les procédures d’exécution et d’application de la peine, redéfinir le régime des certaines moyennes et longues peines.

Ces sujets sont essentiels mais ne pouvaient être abordés en profondeur avec seulement 3 mois.

« Il faut que la peine soit utile, il faut que la peine ait un sens. La peine d’emprisonnement est trop souvent l’unique réponse pénale possible à une infraction. La surpopulation carcérale est toujours très préoccupante. » Derrière ce message soutenu et revendiqué par la CGT insertion probation de longue date, les préconisations en revanche ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Le rapport s’appuie sur les Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation pour mettre en œuvre une grande partie de ses préconisations. Il précise à plusieurs reprises la nécessité de renforcer en moyens humains et financiers ces services pour leur permettre de réaliser pleinement et efficacement leurs missions. La CGT Insertion Probation va plus loin, elle demande depuis des années, l’élaboration d’organigrammes de référence et de ratios de prise en charge pour tous les personnels des SPIP pour évaluer réellement les besoins humains et anticiper au mieux les vacances de postes. Sans cela les missions des SPIP, essentielles pour l’application des peines, ne pourront être exécutées correctement. [2]

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DANS LA PRESSE

LE MONDE

« Refondation » pénale : les annonces de Macron

La réforme de Macron vise à lutter contre la surpopulation carcérale et à redonner du sens à la peine.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2018/03/06/macron-annonce-la-fin-de-l-automaticite-de-la-prison-pour-les-peines-inferieures-a-un-an_5266586_3224.html

Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le  

Emmanuel Macron, le 6 mars 2018 à Agen.

Emmanuel Macron a présenté, mardi 6 mars, devant l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire (ENAP), à Agen, sa réforme pénale visant à lutter contre la surpopulation carcérale et à redonner du sens à la peine.

« C’est tout sauf le laxisme », a répété à plusieurs reprises le président de la République. Ce plan, qui « relève d’une sorte de bon sens », est destiné à « sortir d’une philosophie dans laquelle on a tout pensé par la prison », a-t-il expliqué. « L’emprisonnement ne cesse d’augmenter parce qu’au fond cela reste la solution qui contente symboliquement le plus de monde », selon lui.

  • Les peines inférieures à six mois exécutées hors prison

Les peines de un à six mois pourront s’exécuter hors des établissements pénitentiaires afin de lutter contre la surpopulation carcérale et de redonner du sens à la peine. « Il ne s’agira clairement pas d’une concession à la fermeté nécessaire face à la délinquance, au contraire », a dit le président de la République. « Je crois qu’il y a peu de gens vraiment dangereux pour la société à qui on donne moins de six mois de prison », a commenté le président.

  • La fin des aménagements des peines supérieures à un an

En revanche, le président veut qu’une peine de prison de plus de un an soit effectivement et aussitôt exécutée. Ainsi, l’aménagement systématique des peines de moins de un an sera supprimé et laissé à l’appréciation du juge qui prononce la peine, au cas par cas. Mais cela responsabilisera les juges qui limiteront les décisions d’emprisonnement. estime-t-il.

  • 1 500 postes supplémentaires de conseiller de réinsertion

Le président a également annoncé la création de 1 500 postes de conseiller de réinsertion et de probation. Actuellement le nombre de ces conseillers s’élève à 4 000, pour 250 000 personnes suivies en détention ou en milieu ouvert.

  • Création d’une agence du travail d’intérêt général

L’une des peines alternatives à la détention pourrait être le passage par une mission d’intérêt général, pour « mettre en adéquation la sanction avec l’infraction », a expliqué mardi 6 mars à l’AFP David Layani, coauteur d’un rapport remis au gouvernement. Cette mission serait proposée par la future agence nationale du travail d’intérêt général (TIG) voulue par Emmanuel Macron.

  • Pas de nouvelles places, malgré sa promesse

En revanche, Emmanuel Macron est revenu sur sa promesse d’accroître de 15 000 les places de prison. « Le président ne souhaite pas de fétichisme sur le nombre de 15 000 places », dit-on dans son entourage qui précise que « compte tenu des contraintes qui pèsent sur la construction d’établissements pénitentiaires, il apparaît possible de construire 7 000 places sur le quinquennat ».

Avec un taux d’occupation de 200 % en région parisienne et de 120 % au niveau national, la France figure parmi les pires élèves d’Europe. Au 1er janvier 2018, 68 974 détenus s’entassaient dans 59 765 places.

Les alternatives à la prison existent déjà mais restent peu utilisées : en 2016, sur les quelque 550 000 délits sanctionnés, les tribunaux ont prononcé 52 % de peines de prisons (dont 19 % ferme) et 11 % de peines alternatives dont moins de 3 % travaux d’intérêt général.

Lire aussi :   « Refondation » pénale : les syndicats de magistrats refusent de rencontrer Nicole Belloubet

LA CROIX

https://www.la-croix.com/France/Justice/associations-plaident-alternatives-prison-2018-02-19-1200914961

Des associations plaident pour les alternatives à la prison

Alors qu’un grand « plan prison » doit être dévoilé par l’Élysée, le collectif Justice-Prison a appelé les parlementaires, lundi 19 février, à favoriser les alternatives à l’incarcération plutôt qu’à l’ouverture de nouvelles places de prison.

Illustration de l'aménagement des peines avec port de bracelet électronique.

Illustration de l’aménagement des peines avec port de bracelet électronique. / Nicolas Vallauri/La Provence/MaxPPP

En correctionnelle, l’« emprisonnement ne peut être prononcé qu’en dernier recours ». Voilà pour le principe. Dans les faits, les prisons françaises – qui comptent près de 70 000 détenus – n’ont jamais été aussi surpeuplées.

Les maux de la pénitentiaire sont bien connus : surpopulation, promiscuité, violences entre détenus mais aussi envers le personnel… et, à la sortie, un fort taux de récidive. C’est dans ce contexte que le collectif justice-prison – composé de 26 organisations, acteurs et observateurs du champ pénal et carcéral – lance aujourd’hui un appel aux parlementaires pour les inciter à « observer l’ensemble du parcours pénal » sans se contenter de créer de nouvelles places de prisons.

« Des groupes de réflexion sur la prison ont été lancés il y a peu à l’initiative de la commission des lois, ce qui est une bonne chose, concède Cécile Marcel, directrice de l’Observatoire international des prisons (OIP). Mais nous appelons les parlementaires, plus globalement, à questionner la façon avec laquelle l’incarcération est et reste une référence centrale au plan pénal. » Lui emboîtant le pas, le président de la Ligue des droits de l’homme, Malik Salemkour, a déploré que « dans l’imaginaire collectif, la sévérité passe par le bannissement », et donc par la prison.

Reconsidérer la place de la prison dans le système pénal

Le collectif appelle, notamment, à questionner le recours accru aux comparutions immédiates, une procédure expéditive « avec une audience d’une durée moyenne de trente minutes lors de laquelle ni les juges, ni les avocats n’ont le temps de prendre connaissance du dossier », selon Laurence Blisson, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature (SM). Dans « 70 % des cas » elles débouchent sur une peine de prison. Elle incite ainsi les élus à assister à ces audiences pour comprendre comment elles peuvent être « huit fois plus pourvoyeuse de prison que les audiences classiques ». L’objectif : convaincre le parlement d’encadrer au maximum le recours à une telle procédure.

Le collectif plaide par ailleurs pour le développement des peines alternatives à la prison et des aménagements de peine (sursis avec mise à l’épreuve, travail d’intérêt général, bracelet électronique, centre de semi-liberté). Rappelant que 19 000 individus incarcérés avaient un reliquat de peine de moins d’un an, la secrétaire nationale de la CGT insertion et probation, Delphine Colin, a rappelé que si le panel des peines en milieu ouvert « était pleinement utilisé, il n’y aurait plus de surpopulation en prison ». Elle a aussi appelé les élus à allouer davantage de moyens aux agents concernés.

 

15 000 nouvelles places de prison

L’appel du collectif justice-prison ne doit rien au hasard. L’Élysée doit en effet annoncer dans les prochains jours un « plan pénitentiaire global ». Le président Macron devrait réitérer l’un de ses engagements de campagne – la création de 15 000 nouvelles places de prison – et accélérer le plan de construction annoncé sous le gouvernement Valls en septembre 2016, mais non financé.

Seuls en effet 26 millions d’euros ont été prévus dans le budget 2018 pour un programme dont le coût total est évalué à deux milliards d’euros.

Emmanuel Macron devrait par ailleurs, selon Le Monde, annoncer l’ouverture d’établissements « ouverts » – des prisons rapides à construire et moins coûteuses que les centres classiques. Et ce à destination des délinquants condamné à une courte peine. La présidente de la commission des lois, Yaël Braun Pivet (LREM), qui a lancé plusieurs groupes de travail sur la question carcérale, plaide pour la diversification du parc carcéral et, plus particulièrement, pour la création de prisons ouvertes. Et ce à l’instar de ce qui existe dans plusieurs pays nordiques, et notamment au Danemark.

 

Parallèlement, la ministre de la justice Nicole Belloubet travaille à l’écriture d’un projet de loi de programmation – présenté au printemps au conseil des ministres – comprenant tout un volet sur l’exécution des peines. Elle-même convaincue de l’inutilité des courtes peines de prison, la garde des Sceaux compte créer une « Agence nationale » du travail d’intérêt général. Et ce afin que cette peine – très consensuelle – soit davantage prononcée.

Marie Boëton

 

Site de la CGT Confédérale dépêche CLIQUER ICI

Fonction publique

Succès de la manif des conseiller·ère·s d’insertion et de probation !

jeudi 8 février 2018

Les conseiller·ère·s d’insertion et de probation se sont donné rendez-vous à Paris le 1erfévrier 2018 à la Madeleine pour une manifestation nationale afin d’obtenir la mise en œuvre immédiate de la revalorisation salariale et statutaire obtenue en mai 2017. Raison de cet appel : en mai 2017, le gouvernement validait la revalorisation statutaire (passage de la catégorie B à la catégorie A) et salariale des conseiller·ère·s d’insertion et de probation au 1er février 2018, mais cette revalorisation a depuis été reportée. Le corps des conseiller·ère·s d’insertion et de probation fait aussi face à un manque de moyens : ils·elles prennent en charge entre 100 et 120 personnes en sous-main de justice alors que les recommandations du Conseil de l’Europe ainsi que celles de la Commission nationale des droits de l’Homme indiquent que ces dernier·ère·s devraient suivre au maximum entre 40 et 50 personnes. Le ras-le-bol est palpable, comme l’indique les conseillers rencontrés lors de cette manif :


Les conseiller·ère·s d’insertion et de probation qui s’engagent dans l’action syndicale sont eux·elles aussi, à l’instar de nombreux camarades, discriminé·e·s et sanctionné·e·s, comme Mylène Palisse, rencontrée lors de cette manifestation :

 

NVO Les conseillers probation lâchés par le gouvernement

5 février 2018 | Mise à jour le 5 février 2018
Par Lincoln Netiele | Photo(s) : Bapoushoo
Plusieurs centaines d’agents des Services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) ont manifesté jeudi à Paris. En jeu : la revalorisation de leur statut. Promise par le précédent gouvernement, elle a été renvoyée à 2019 par son successeur.

Le gouvernement a réussi un tour de force, réussir, en plein cœur du mouvement social le plus long qu’aient connu les prisons françaises depuis de nombreuses années, à mépriser un autre secteur de la pénitentiaire. Plusieurs centaines d’entre eux se sont retrouvés dans la rue hier jeudi à l’appel de la CGT Spip (syndicat majoritaire), un chiffre important au vu des effectifs de la profession, près de 4 000 agents.En jeu : la revalorisation de la profession, promise par le gouvernement précédent et que retarde largement l’actuel.

En fait, les conseillers de probation et d’insertion étaient mobilisés depuis de nombreux mois et devaient être reçus au ministère au sujet de la reconnaissance de leur qualification et des missions qu’ils exercent auprès de quelque 250.000 personnes suivies en détention ou en milieu ouvert, et donc de la revalorisation de leur statut .

Comme nous le rappelions dans l’article de la NVO du 24 janvier dernier, il s’agit pour l’intersyndicale (avec la CFDT Interco et l’UNSA-UFAP Justice) de « faire respecter la promesses de l’État » et passer en catégorie A de la fonction publique, « une revalorisation catégorielle qui a été demandée et obtenue de haute lutte » rappelle Sarah Silva-Descas, déléguée nationale de la CGT Spip. Avec l’annulation à la dernière minute de leur rendez-vous tandis que le malaise dans les prisons éclatait, le mépris affiché par l’exécutif devenait flagrant en renvoyant la question à 2019.

Défilant de la Madeleine à l’Assemblée nationale, les conseillers ont rappelé que, malgré l’attention portée sur les prisons récemment, l’insertion-probation, pourtant jugée comme « essentielle » par la ministre de Justice elle-même lors d’une audition jeudi au Sénat, reste le parent pauvre de la politique pénitentiaire.

Elle expliquait surtout que le protocole revendiqué par les manifestants avait été décalé d’un an « comme pour toute la fonction publique ». Un nouveau délai pour ces agents qui sont mobilisés depuis 2015, sous diverses formes. Le syndicat annonçait vendredi 2 février, dans son communiqué, qu’un entretien avec le mercredi 7 février aurait lieu avec les conseillers justice du Premier ministre et du Président de la République, à l’Élysée.

Les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP) sont-ils, une fois de plus, les grands oubliés de l’administration pénitentiaire ? Alors que leurs collègues surveillants viennent d’arracher la promesse de la création de 1 100 postes et une enveloppe de 30 millions d’euros d’indemnités, plus de 500 Cpip étaient rassemblés jeudi place de la Madeleine, à Paris, pour exiger que l’État leur octroie la reconnaissance promise. En mai dernier, à la suite d’une forte mobilisation, la profession avait obtenu du gouvernement sortant la signature d’un texte validant une revalorisation statutaire et salariale, sous la forme d’un passage en catégorie A de la fonction publique. Signé et même budgétisé à hauteur de 7 millions d’euros sur trois ans, le texte aurait dû être mis en application à partir de jeudi. Mais il dort dans les tiroirs du ministère.

« Chaque conseiller accompagne en moyenne 100 à 120 personnes »

« À un moment, on nous a dit que l’application allait être reportée au 1er février 2019. Mais le texte n’a même pas été transmis au Conseil d’État pour avis, et nous n’avons aucune assurance qu’il va être appliqué », constate Delphine Colin, secrétaire nationale CGT insertion et probation, premier syndicat de la profession. Après des mois de rencontres inutiles avec la ministre de la Justice, l’Élysée et Matignon ont annulé sine die la rencontre prévue le 25 janvier dernier avec les représentants des CPIP. Prévue bien avant le mouvement des gardiens de prison, la mobilisation de jeudi – particulièrement importante pour des personnels qui n’ont pas le droit de grève et sont contraints pour pouvoir manifester de poser un jour de congé – était destinée à empêcher le gouvernement d’enterrer la réforme promise et attendue.

« Notre charge de travail est énorme. Chaque conseiller accompagne en moyenne 100 à 120 personnes, alors que le ratio théorique fixé par le Conseil de l’Europe et la Commission nationale des droits de l’homme, c’est 40 à 50 personnes », explique Delphine Colin. Un chiffre idéal qui figure d’ailleurs dans le programme de l’ex-candidat Macron. À seulement 3 000, les conseillers prennent en charge 77 000 personnes en milieu fermé et 173 000 en milieu ouvert, parmi lesquelles ceux sous bracelets électroniques.

Leur tâche consiste à aider à la réinsertion en faisant le lien avec d’autres services sociaux pour l’accès à l’emploi, au logement ou encore à la santé. « Nous essayons de donner un sens à leur peine et à trouver une place dans la société », résume la syndicaliste. Un travail qui doit être personnalisé et demande d’autant plus de temps que les personnes suivies sont précarisées, quand elles ne souffrent pas de troubles psychiques.

« Trop de sécuritaire amène l’insécurité »

Mille postes supplémentaires avaient été prévus avec la réforme Taubira, mais beaucoup ont servi à remplacer des départs à la retraite ou ont été absorbés par les services chargés de repérer la radicalisation. La hausse a aussi été compensée par l’augmentation de la population carcérale, liée à la pénalisation croissante de certains comportements du quotidien comme le squat, et par la multiplication des missions à remplir.

« Nous avons calculé que le report de l’application de l’accord équivalait pour chacun à une perte de 1 000 à 6 000 euros sur trois ans », explique Delphine Colin. Mais pour cette profession très largement féminine – comme toutes les professions du secteur pénitentiaire qui n’ont jamais été revalorisées –, au-delà d’une amélioration statutaire, c’est la reconnaissance de leur utilité dans la société qui est en jeu. Face au triomphe de l’idéologie du tout-répressif, « nous estimons au contraire que trop de sécuritaire amène l’insécurité », souligne Delphine Colin. Pour les CPIP, l’amélioration de la sécurité pour le personnel pénitentiaire passe d’abord par une amélioration des conditions de détention et par le développement d’une vraie politique de réinsertion. Un programme qui suppose une revalorisation de leur statut.

Journaliste rubrique Société

Justice. Les Cpip, ces agents oubliés des prisons

CAMILLE BAUER
VENDREDI, 2 FÉVRIER, 2018
L’HUMANITÉ
Le mouvement de jeudi à Paris était destiné à empêcher le gouvernement d’enterrer la réforme promise et attendue. Julien Jaulin/hanslucas

Plus de 500 personnels pénitentiaires chargés de la réinsertion ont manifesté jeudi pour obtenir l’application des revalorisations statutaires promises par l’État en mai dernier.

Dépêche AFP

Prison: les conseillers de probation dans la rue pour leur statut

Paris, France | AFP | jeudi 01/02/2018 – 19:19 GMT | 399 mots

Plusieurs centaines d’agents des Services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) ont manifesté jeudi à Paris pour réclamer une revalorisation de leur statut, promise sous François Hollande et renvoyée à 2019 par l’actuel gouvernement, a constaté l’AFP.

« Service Pénitentiaire Ignoré Politiquement » lisait-on sur une banderole en tête du cortège qui s’est rendu dans l’après-midi de la place de la Madeleine à l’Assemblée nationale, à l’appel de la CGT-Intersion Probation, syndicat majoritaire.

Fer de lance de la prévention de la récidive, les Spip — quelque 4.000 agents pour 250.000 personnes suivies en détention ou en milieu ouvert —  se considèrent comme les grands oubliés de l’Administration pénitentiaire. Et « encore plus », dit l’un d’eux, après l’annonce de mesures sécuritaires et de primes pour les surveillants qui ont bloqué les prisons pendant deux semaines.

« Nous venons réclamer le respect de la parole de l’Etat. Le 1er février 2018 devait entrer en vigueur une réforme statutaire, avec une revalorisation catégorielle obtenue de haute lutte et qui marquait pour nous la reconnaissance d’un travail important effectué dans des conditions difficiles », a déclaré à l’AFP Sarah Silva-Descas, déléguée nationale CGT-Insertion Probation.

« Si le gouvernement entend mener à bien une politique pénale de lutte contre la récidive, il doit s’appuyer sur les compétences des Spip, les écouter », a-t-elle plaidé.

« La réinsertion, c’est nous. Il faut en tenir compte », renchérit Jean-François Lable, coordinateur CGT pour l’Eure-et-Loire.

Selon les syndicats, en France, chaque conseiller suit en moyenne 120 personnes, alors qu’un agent de probation en suit 50 à 70 en Allemagne et 30 au Canada. Alors que la chancellerie envisage, pour désengorger des prisons surpeuplées, de favoriser des peines alternatives à la détention, comme un recours accru au bracelet électronique ou aux travaux d’intérêt général, ils font valoir qu’ils ne sont « pas du tout assez nombreux ».

« Suivre une personne condamnée sous bracelet électronique, c’est très chronophage: il faut être très réactif, aménager les horaires en fonction du travail, des engagements de la personne, intervenir tout de suite en cas de manquement ou pour une sanction », a expliqué Vincent Chardenon, délégué CGT dans le Val de Loire.

Auditionnée jeudi au Sénat, la garde de Sceaux Nicole Belloubet a souligné « le rôle essentiel » joué par les Spip, expliquant que le protocole d’accord revalorisant leur statut avait été « décalé d’un an comme l’ensemble des protocoles de ce type dans la fonction publique » et entrerait en vigueur le 1er février 2019.

sb/bat/cam

© Agence France-Presse

 

A ECOUTER FRANCE CULTUREJournal de 18h du 1er février 2018 

Sarah SILVA-DESCAS, secrétaire nationale CGT insertion probation à 7’20 »

https://www.franceculture.fr/emissions/journal-de-18h/journal-de-18h-jeudi-1-fevrier-2018

A ECOUTER SUR SUD RADIO Journal de 6h30

A ECOUTER SUR SUD RADIO Journal de 7h

Pierre Yves Lapresle et Sarah Silva Descas, secrétaires nationaux de la CGT insertion probation

Article sur NVO. fr

Les conseillers probation lâchés par le gouvernement

5 février 2018 | Mise à jour le 5 février 2018
Par Lincoln Netiele | Photo(s) : Bapoushoo
Plusieurs centaines d’agents des Services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) ont manifesté jeudi à Paris. En jeu : la revalorisation de leur statut. Promise par le précédent gouvernement, elle a été renvoyée à 2019 par son successeur.

Le gouvernement a réussi un tour de force, réussir, en plein cœur du mouvement social le plus long qu’aient connu les prisons françaises depuis de nombreuses années, à mépriser un autre secteur de la pénitentiaire. Plusieurs centaines d’entre eux se sont retrouvés dans la rue hier jeudi à l’appel de la CGT Spip (syndicat majoritaire), un chiffre important au vu des effectifs de la profession, près de 4 000 agents.En jeu : la revalorisation de la profession, promise par le gouvernement précédent et que retarde largement l’actuel.

En fait, les conseillers de probation et d’insertion étaient mobilisés depuis de nombreux mois et devaient être reçus au ministère au sujet de la reconnaissance de leur qualification et des missions qu’ils exercent auprès de quelque 250.000 personnes suivies en détention ou en milieu ouvert, et donc de la revalorisation de leur statut .

Comme nous le rappelions dans l’article de la NVO du 24 janvier dernier, il s’agit pour l’intersyndicale (avec la CFDT Interco et l’UNSA-UFAP Justice) de « faire respecter la promesses de l’État » et passer en catégorie A de la fonction publique, « une revalorisation catégorielle qui a été demandée et obtenue de haute lutte » rappelle Sarah Silva-Descas, déléguée nationale de la CGT Spip. Avec l’annulation à la dernière minute de leur rendez-vous tandis que le malaise dans les prisons éclatait, le mépris affiché par l’exécutif devenait flagrant en renvoyant la question à 2019.

Défilant de la Madeleine à l’Assemblée nationale, les conseillers ont rappelé que, malgré l’attention portée sur les prisons récemment, l’insertion-probation, pourtant jugée comme « essentielle » par la ministre de Justice elle-même lors d’une audition jeudi au Sénat, reste le parent pauvre de la politique pénitentiaire.

Elle expliquait surtout que le protocole revendiqué par les manifestants avait été décalé d’un an « comme pour toute la fonction publique ». Un nouveau délai pour ces agents qui sont mobilisés depuis 2015, sous diverses formes. Le syndicat annonçait vendredi 2 février, dans son communiqué, qu’un entretien avec le mercredi 7 février aurait lieu avec les conseillers justice du Premier ministre et du Président de la République, à l’Élysée.

Les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation défilent dans la rue ce jeudi, à l’appel de la CGT, afin d’obtenir une revalorisation de leur statut, actée pendant le quinquennat de François Hollande.

La colère de retour dans les prisons. Après les surveillants, le ras-le-bol des conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation. Ils n’ont pas le droit de grève, donc c’est sur leurs propres deniers qu’ils défileront dans la rue aujourd’hui.

Une manifestation, à l’appel de la CGT, s’est déroulée en début d’après-midi à Paris. L’objectif étant d’obtenir l’application de la revalorisation de leur statut obtenue sous le quinquennat de François Hollande. En d’autres termes, passer de la catégorie B à la catégorie A de la fonction publique. Ce qui représenterait notamment 200 euros de plus sur la fiche de paie.

La réforme, obtenue quelques jours avant la présidentielle de mai dernier, devait être mise en œuvre à partir du 1er février. Mais depuis, elle a disparu des écrans radars. Sarah Silva d’Escas, secrétaire nationale pour la CGT probation et insertion, regrette d’être « les oubliés de l’administration pénitentiaire » : « On nous appelle les travailleurs de l’ombre, ceux dont on entend rarement parler. On a été complètement mis de côté alors que les textes étaient validés et qu’ils devraient rentrer en vigueur. Mme Belloubet, la ministre, a dit qu’elle avait fait son travail, qu’elle avait demandé l’application de la réforme. Darmanin oppose une fin de non-recevoir. Et depuis, silence radio. On ne sait pas qui va trancher cette question alors qu’on est 3000 à attendre cette réforme statutaire d’un pied ferme. On est une fois de plus les oubliés et on est obligé d’aller dans la rue pour réclamer quelque chose qui nous est dû. »

D’autant qu’ils estiment mériter cette revalorisation de statut, notamment face à la charge de travail qui est la leur, comme l’explique Pierre-Yves Lapresle, conseiller d’insertion et de probation à Montauban et secrétaire national CGT : « Mon quotidien, c’est d’avoir en suivi à peu près 100 personnes. En fait, c’est de composer avec cette charge de dossiers, c’est-à-dire quand même rencontrer de manière régulière les personnes que j’ai en suivi. Quand on rencontre quelqu’un, derrière, on va solliciter les services de soins, Pôle Emploi, une association qui fait de l’insertion par une activité économique… Et troisième volet, il faut rendre compte au JAP de comment se déroule la mesure. En fait, on a des rapports réguliers à faire sur 100 personnes. Au quotidien, c’est un peu un casse-tête pour réussir à tout faire de la moins mauvaise des manières. Mais avec 100 personnes, de toute façon, on ne peut pas tout faire. »

Il revient également sur la proposition de la députée Michèle Tabarot, députée LR des Alpes-Maritimes, d’ouvrir une commission d’enquête parlementaire sur la sécurité des personnels pénitentiaires et la détention des dijhadistes. Pour lui, la pression politique sur sa profession pour obtenir des infos sur des personnes suspectées de radicalisation est tout simplement aberrante : « Il y a des personnes qui sont condamnées pour du terrorisme, c’est très clair. Après, il y a toutes les suspicions de radicalisation qui peuvent apparaître pour des personnes condamnées pour du droit commun. Et là, c’est un autre débat. Nous, on est obligé de travailler avec un mandat judiciaire, une condamnation, et pas par rapport à des suspicions. Les personnes qu’on suit, on a accès à leur vie privée et il y a un lien de confiance qui se crée. On ne peut pas avoir la double casquette de remontées systématiques d’informations qui peuvent servir au renseignement et avoir des conséquences et, à la fois, vouloir réinsérer les gens. »

Propos recueillis par Benjamin Glaise sur Sud Radio

L’INVITÉ DE LA RÉDACTION DE FRANCE BLEU NORMANDIE (CALVADOS ET ORNE)

L’invité de France Bleu Normandie : Stéphanie Cousin, CPIP SPIP de Caen, représentante CGT insertion probation
Diffusion du vendredi 2 février 2018Durée : 6min

https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-de-la-redaction-de-france-bleu-normandie-calvados-et-orne/normandie-caen/l-invite-de-france-bleu-normandie-103

A ECOUTER / INVITÉ DE FRANCE BLEU PICARDIE MATIN 7H10

Julien Magnier, élu national CGT Insertion Probation

À l’appel de la CGT, des conseillers d’insertion et de probation du service pénitentiaire se sont mobilisés jeudi 1er février pour une revalorisation de leur statut.

par Thomas Coustetle 2 février 2018

Après la grève des surveillants, les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP) ont entamé un processus de mobilisation. La CGT a appelé les agents de « toute la France » à rejoindre le cortège de Paris, qui s’est déplacé jeudi 1er février depuis la place de la Madeleine jusqu’à l’Assemblée nationale, en passant par la place Vendôme. Le syndicat souhaite contraindre « l’État à respecter ses engagements ».

« On aura pourtant jamais la même mobilisation qu’en 2016 », confie Pierre, un agent du service pénitentiaire de Bordeaux qui tenait à afficher sa présence pour l’occasion.

Il est vrai que, pour les CPIP, faire grève peut prendre des allures de gageure. La profession ne bénéficie pas statutairement du droit de grève, rappelle Fabienne Titet, secrétaire nationale de la CGT insertion probation.  « On espérait 250 personnes. Nous sommes déjà plus de 500. Pour nous, c’est déjà une vraie réussite », se félicite-t-elle à l’issue de la journée.

« On est le seul corps de l’État à prendre en charge la totalité des 250 000 placés entre les mains de la justice »

La profession compte 3 000 CPIP au niveau national. D’après le ministère, cet agent « accompagne les personnes condamnées et intervient « en milieu ouvert ou en milieu carcéral à la demande des autorités judiciaires ». Son rôle est donc « d’œuvrer à la compréhension de la peine et de participer à la prévention de la récidive ».

Quelles sont, en détail, les raisons de la colère ? En mai 2017, la CGT avait « arraché » selon les termes de Fabienne Titet, un accord sur un changement statutaire après une première mobilisation des agents en 2016. Les agents de probation devaient devenir agents de catégorie A de la fonction publique à compter du 1er février 2018.

L’accord a été acté par le garde des Sceaux de l’époque, Jean-Jacques Urvoas, et signé par le président de la République, rappelle le syndicat. Pourtant, quelques jours avant le changement de statut, le texte « s’est, comme par magie, perdu dans les abysses », ironise Fabienne Titet. En fait, après le dernier changement de majorité, l’accord n’a pas été publié en Conseil d’État, comme prévu initialement.

Le 30 janvier dernier, Ugo Bernalicis, député du Nord, a même interpellé le ministre de la fonction publique par question écrite (n° 4881) sur le sujet. Il demandait l’exécution de l’accord.

« Notre métier est la seule profession à prendre en charge l’ensemble des 250 000 personnes sous main de justice, soit environ 100 à 200 personnes par agent », détaille Fabienne Titet, qui assure que les agents « souffrent d’un manque de reconnaissance ».

Des conditions de travail difficiles dont se fait l’écho Marion L., une autre militante du cortège. « Notre action joue un rôle sur les libertés individuelles, et dans le maintien en détention ou non car on éclaire le magistrat sur les décisions qu’ils prennent. »

Certains agents présents vont même plus loin et assurent se mobiliser également par crainte d’une éventuelle privatisation à venir. Sur le « travail d’intérêt général », la future agence voulue par Emmanuel Macron, dont le contenu sera révélé courant février, « laisse craindre qu’une partie du contrôle sur l’exécution de la mesure que nous assurons actuellement sera privatisée comme cela a pu être sur la table des négociations il y a quelques années ».

Paris a été suivi par plusieurs mouvements de grève. Notamment en Normandie, dans la Vienne, et dans le Calvados.

Une délégation devait être reçue à l’Élysée en fin de journée. Elle a été annulée en dernière minute et reportée au 7 février prochain.

L’ALSACE – JUSTICE Le SPIP et la « réforme oubliée »

Les travailleurs sociaux haut-rhinois du SPIP ont manifesté jeudi à Paris. Pour rappeler à l’État ses engagements.

Le 03/02/2018 05:00 par Ph. M.
L’éveil du 3 février 2018 : La grogne des agents du SPIP, rassemblement devant le TGI du Puy en Velay à l’initiative de la CGT SPIP 42/43

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CENTRE PRESSE 01/02/2018 04:58 | Vienne | POITIERS | Imprimer |
Des agents du SPIP de la Vienne en grève
Des agents du Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de la Vienne seront présents à Paris ce jeudi, pour une manifestation nationale organisée à l’initiative de la CGT, « pour exiger le respect de la parole d’État concernant le protocole de la réforme insertion et probation, signé en juillet 2016 par le Premier ministre et le président de la République d’alors, explique dans un communiqué le syndicat. Le report annoncé de cette réforme est inadmissible. » En signe de solidarité, d’autres agents du SPIP 86 qui ne seront pas présents à la manifestation mais qui partagent ses objectifs, ont déposé un congé et ne travailleront donc pas pour protester « contre cette trahison de la parole donnée par les plus hautes sphères de l’État. » A la suite d’une mobilisation massive des personnels des SPIP en 2016, cela débouchait en mai 2017 par la validation d’une revalorisation statutaire et salariale et le passage en catégorie A de la fonction publique. Cette réforme statutaire devait être mise en oeuvre à partir du 1 février 2018. « Le gouvernement entend désormais enterrer cette réforme statutaire en la reportant. » dénonce la CGT.
NICE MATIN – Les conseillers pénitentiaires manifestent devant la maison d’arrêt de Nice
Les conseillers pénitentiaires qui ont manifesté jeudi devant la maison d'arrêt de Nice ne sont pas tous syndiqués et ne souhaitaient pas apparaître à visage découvert.
Les conseillers pénitentiaires qui ont manifesté jeudi devant la maison d’arrêt de Nice ne sont pas tous syndiqués et ne souhaitaient pas apparaître à visage découvert. Photo R. D.
 C’est afin de se joindre au mouvement national lancé à l’appel de FO, de la CGT et de la CFTC qu’une quinzaine de conseillers du service pénitentiaire d’insertion et de probation se sont rassemblés, jeudi à partir de 12h30, devant la maison d’arrêt de Nice, rue de la Gendarmerie.
Trente personnes sont attachées aux SPIP dans le département, dont sept qui interviennent en milieu carcéral.Les revendications concernent le statut: « La reconnaissance de la technicité de notre métier, laquelle a été augmentée par la lutte contre la radicalisation avait abouti, en 2016, à un accord pour la revalorisation en catégorie A. Or cette mesure a été reportée », soulignait sur place, Mariannick Malaurie, représentante CGT.Sur place, les conseillers déploraient également le manque d’effectifs: « Nous traitons chacun une centaine de dossiers, or la norme admise pour un suivi correct est de quarante au maximum. Les conditions difficiles de travail et la pénibilité psychologique de notre métier sont une réalité ».
SUD RADIO

La grogne au sein des prisons s’amplifie et gagne désormais les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation

Après les surveillants de prison, les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation ont décidé de débrayer à leur tour. Ainsi, une grève aura lieu demain dans plusieurs villes de France.

Oui, les conseillers pénitentiaires d’insertion sont furieux. En 2016, ils signent un accord avec l’État – le gouvernement Hollande – qui débouche en 2017 sur une réforme statutaire particulièrement avantageuse, qui les fait passer de la catégorie B de la fonction publique à la catégorie A. L’avantage majeur est bien entendu la revalorisation salariale qui accompagne ce changement de catégorie. Cela signifie également un montant de retraite plus conséquent. Il existe toutefois un inconvénient, l’âge légal de départ à la retraite passe à 60 ans.

Tout cela est donc acté sous François Hollande pour une mise en œuvre au 1er Février 2018. Sauf qu’à l’heure où l’on se parle, ni l’Elysée, ni Matignon, ni même le ministère de la Justice n’ont donné leur feu vert pour l’application de la réforme… Ou quand les promesses n’engagent, comme d’habitude, que ceux qui les croient.

Rappelons que ces conseillers d’insertion et de probation dans les prisons sont des assistants sociaux qui constituent un maillon important de la chaîne pénitentiaire. Leur rôle est d’écouter et de calmer les détenus dans les moments de tension ou de stress, comme par exemple pendant la grève des surveillants, survenue la semaine dernière. Ils s’occupent de 70 000 prisonniers en France, auxquels s’ajoutent 170 000 personnes en milieu ouvert.

Ayant l’espoir d’être reçus à l’Élysée ce jeudi, ces conseillers ont ainsi demandé audience à Emmanuel Macron et ils attendent une réponse, un signe.

L’espoir fait vivre…

>> L’intégralité de la chronique est disponible en podcast

 Après les surveillants de prison, les conseillers d’insertion et de probation se mobilisent à Caen

Jeudi 1er février 2018, les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation sont appelés à se mobiliser. À Caen (Calvados), un rassemblement est prévu. Explications.
Les conseillers pénitentiaires se mobilisent  pour demander la mise en place jeudi 1er février 2018 comme il avait été prévu en 2016 de la réforme concernant leur statut. (©RT/Normandie-actu/Illustration)

Ils demandent à l’État de tenir ses promesses qui datent… de 2016 ! Les conseillers pénitentiaire d’insertion et de probation se mobilisent, jeudi 1er février 2018. Un rassemblement est prévu notamment à Caen (Calvados).

LIRE AUSSI : Blocage des prisons : le syndicat majoritaire signe le projet d’accord du ministère

Mobilisation à Paris et à Caen, jeudi 1er février

Dans le Calvados, ils sont une soixantaine répartis sur les antennes de Lisieux et Caen. « Au niveau national, nous sommes 3 000 conseillers pénitentiaire d’insertion et de probation », précise Farid Achouchi, du SPIP du Calvados, antenne de Caen. Pour le moment en Normandie seule cette antenne a manifesté sa volonté de se mobiliser le jeudi 1er février 2018. Farid Achouchi positive :

Mais nous espérons bien que des collègues notamment en Haute-Normandie rejoignent le mouvement jeudi.

Mouvement de personnels pénitentiaires L’Etat ne respecte pas ses engagements ! Les conseiller.e.s d’insertion et d… http://www.cgtspip.org/mouvement-de-personnels-penitentiaires-letat-ne-respecte-pas-ses-engagements-les-conseiller-e-s-dinsertion-et-de-probation-se-donnent-rendez-vous-a-paris-le-1er-fevrier-2018-a-la-m/ 

Mouvement de personnels pénitentiaires L’Etat ne respecte pas ses engagements ! Les conseiller.e.s…

Une mobilisation des personnels pour faire respecter la parole d’État ayant promis une très attendue reconnaissance statutaire communiqué de presse 30 janvier 2018 personnels pénitentiaires manifes…

cgtspip.org

Les missions d’un conseiller pénitentiaire d’insertion et probation
« L’objectif est d’aider les personnes placées sous main de justice dans leurs démarches d’insertion, de contrôler le respect de leurs obligations imposées par l’autorité judiciaire (indemnisation, soins…), ainsi qu’oeuvrer à la compréhension de leur peine et participer à la prévention de la récidive » . Source ministère de la Justice

« Nous ne laisserons pas l’État trahir les agents de l’État ! »

Le syndicat explique les raisons du mécontentement : « À l’heure où nos collègues surveillants pénitentiaires se voient proposer la signature d’un protocole d’accord par le ministère, les 3 000 conseillers pénitentiaire d’insertion et de probation font l’amère expérience de la valeur que l’État donne à ses promesses. »

Et la CGT « syndicat majoritaire dans le Calvados » d’expliquer :  « En 2016, le corps des conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation signait un relevé de conclusion avec le président de la République en personne et le ministre de la Justice. Cela débouchait en mai 2017 par la validation d’une réforme statutaire pour l’ensemble de la profession et le passage en catégorie A de la fonction publique, validée dans les plus hautes instances de l’administration pénitentiaire et du ministère de la Justice et par la majorité des organisations syndicales. »

LIRE AUSSI : Les agents sociaux du Service pénitentiaire tirent la sonnette d’alarme au Havre

240 000 personnes suivies en France

Date prévue de la mise en place de cette réforme : le 1er février 2018. Mais depuis l’accord et surtout à quelques jours de son application, la CGT explique dans un communiqué :

On ne voit rien venir… Elle devait pourtant  permettre de reconnaître les missions du corps des conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation, travailleurs sociaux de l’administration pénitentiaire. Une profession devenue, au gré des multiples réformes pénales des divers gouvernements, un maillon essentiel de la prise en charge des 70 000 personnes détenues et des 170 000 personnes suivies en milieu ouvert.

« Face au mépris de l’État », la CGT a donc décidé de se mobiliser sous deux formes : « Pour crier notre colère, les conseillers d’insertion et de probation se rendront à l’Élysée le 1er février pour montrer que nous n’oublions pas les engagements qui avaient été pris ».

Et à Caen, ils sont appelés à se mobiliser au siège du Spip, 13 rue Jean-Baptiste-Colbert à Caen à 12h30 « afin de montrer localement leur soutien à cette mobilisation. »  À noter que si la mobilisation à Paris est à l’initiative de la CGT uniquement, la mobilisation locale est initiée également par l’Ufap et la CFDT.

Dépêches confédérales CGT
Justice
Manifestation nationale des conseillers d’insertion-probation le 1er février

mercredi 31 janvier 2018

Face au mépris du gouvernement et de la parole tenue, les conseiller.e.s d’insertion et de probation se donnent rendez-vous à Paris le 1er février 2018 à la Madeleine pour une manifestation nationale afin d’obtenir la mise en œuvre immédiate de la revalorisation salariale et statutaire obtenue en mai 2017.
La CGT insertion probation appelle les conseiller.e.s d’insertion et de probation à venir manifester à Paris le 1er février à partir de 13 heures, Place de la Madeleine pour marcher vers l’Elysée afin de réclamer la mise en œuvre immédiate de la réforme obtenue en 2016/2017. En l’espèce, la profession qui est fortement féminisée (75%), est en mal de reconnaissance et fait face à un cruel manque de moyen humains et financiers, du fait de leur statut de travailleurs sociaux. Les conseiller.e.s d’insertion probation prennent en charge entre 100 et 120 personnes sous-main de justice alors que les recommandations du Conseil de l’Europe ainsi que celles de la Commission nationale des droits de l’Homme indiquent que ces dernier.e.s devraient suivre au maximum entre 40 et 50 personnes.
En mai 2017, le gouvernement validait la revalorisation statutaire et salariale des conseiller.e.s d’insertion probation, qui devait être mise en œuvre à partir du 1er février 2018, avant que le nouveau gouvernement ne l’enterre en la reportant.

Comment sortir par le haut de la crise dans les prisons ?
Face à l’intransigeance, l’attente d’une réponse.
LUNDI, 29 JANVIER, 2018

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Revue de presse radicalisation

Revue de presse sur l’affaire de Mylène et sur la radicalisation : 

Emission 28 minutes sur Arte le 15 janvier 2018  https://sites.arte.tv/28minutes/fr/paul-auster-blocage-des-prisons-que-faire-des-detenus-radicalises-28minutes

Blocage des prisons : que faire des détenus radicalisés ?

À la prison de Vendin-le-Vieil, la situation n’a jamais été aussi tendue. C’est en tout cas ce qu’affirment les syndicats, après l’agression de trois surveillants par un détenu radicalisé jeudi dernier. Ils ont appelé à un « blocage total » des prisons dans toute la France dès ce matin, alors que la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, est attendue sur le site de Vendin-le-Vieil mardi. Face aux tensions et aux polémiques, le directeur du centre pénitentiaire, Richard Bauer, a finalement présenté sa démission. Cet événement souligne l’adaptation nécessaire des prisons afin de prendre en charge les détenus radicalisés et d’assurer la sécurité des surveillants.

Comment l’État gère-t-il les détenus radicalisés ? Quelles solutions peuvent être mises en place ?

Pour en débattre, nous recevons ce soir Farhad Khosrokhavar, sociologue et spécialiste de l’islam et de la radicalisation en prison, et Delphine Colin, secrétaire nationale de la CGT.

Radicalisation / prison : La CGT insertion probation invitée sur LCI journal 12h le 10 octobre 2017

https://www.youtube.com/watch?v=xv0JKCMz9wA

Delphine COLIN, secrétaire nationale de la CGT insertion probation était l’invitée du journal de 12H sur LCI le mardi 10 octobre 2017: – des personnels soumis à des injonctions paradoxales accompagnement vers la réinsertion

Article Le Monde L’administration pénitentiaire verrouille le débat interne sur la radicalisation

Alors que la prévention de la radicalisation violente en prison tâtonne, l’expression publique de voix critiques de syndicalistes est bâillonnée par la direction.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Romain Ouertal

 sur le site du Monde cliquer ici

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Pénitentiaire. On ne badine pas avec la radicalisation

ALEXANDRE FACHE
MERCREDI, 26 AVRIL, 2017
L’HUMANITÉ
Delphine Colin, secrétaire nationale de la CGT insertion et probation : « Le problème de fond, c’est la volonté de faire de la pénitentiaire un instrument du renseignement intérieur, alors que notre rôle premier, c’est la réinsertion des détenus. » Ludovic/REA

À Agen, une conseillère d’insertion, militante CGT, est menacée de sanction pour avoir diffusé un article sur le sujet. Une nouvelle censure, un an après l’affaire Mylène Palisse.

Les prisons se remplissent, mais les cerveaux, eux, sont priés de se vider. Alors que le nombre de personnes détenues en France vient de battre un énième et triste record, dépassant en avril la barre des 70 000 détenus, l’administration pénitentiaire s’attaque de nouveau à la liberté de penser de ses agents. En l’occurrence, celle d’…

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Lien sur l’Humanite.fr CLIQUER ICI

Pour retrouver l’article « Radicalisation mystifications » sur le blog de Laurent Mucchielli CLIQUER ICI

Article du Monde Rapport sur la déradicalisation : « il n’y aura pas de miracle » : cliquer ici

Article Le POINT : renseignement en prison : le tournant sécuritaire : cliquer ici

Interview de la CGT insertion probation aux informations sur France Culture mercredi 1er février 2017 à 8h : réécoutable en cliquant ici à la minute 12

Journal Fonction Publique Mensuel de l’UGFF-CGT N° 249-250 >> DEC. 2016 — JANV. 2017 pour lire l’Article Fonction Publique répression syndicale CLIQUER ICI

Interview de la CGT insertion probation aux informations sur France Culture samedi 17 décembre à 8h : réécoutable en cliquant ici à la minute 12

Le Plus de l’ Obs du 16 décembre 2016: Conseiller d’insertion et de probation, je ne veux pas devenir un agent du renseignement Cliquez ici

MédialibreInfo Frontières : En prison, les travailleurs sociaux sur le gril, cliquer ici 

Article de l’Humanité du 14 décembre : Une syndicaliste condamnée pour délit d’expression ? Pour lire l’article cliquer ici

Reportage Video sur Humanite.fr du 13 décembre 2016 Mylène Palisse : la liberté d’expression en sursis cliquer ici

Article de la Nouvelle Vie Ouvrière du 13 décembre sur le meeting et le rassemblement et vidéo du meeting : La relaxe pour Mylène Palisse cliquer ici

Article sur Francetvinfo du 13 décembre 2016 Prison : une conseillère d’insertion et de probation risque une sanction pour avoir parlé dans la presse cliquer ici

Article de Médiapart du 12 décembre 2016  En prison, les travailleurs sociaux deviennent des agents doubles cliquer ici

Emission radio sur Actualitesdesluttes CENSURE POUR UNE CONSEILLÈRE PÉNITENTIAIRE D’INSERTION ET DE PROBATION
8 DÉCEMBRE 2016 A écouter 20 minutes d’interview à partir le la 39′ cliquer ici

Le Canard Enchaîné du 23 novembre «  »Drôles de cases du djihadisme en prison« cliquer ici pour télécharger l’article 

Dépêche AFP du 24 novembre reprise dans L’Express, France Soir et Challenges « Conseillers d’insertion ou profileurs de détenus radicalisés »

Le Monde du 26 novembre 2016 : Evaluation à tâtons pour les détenus radicalisés Les nouvelles grilles d’analyse, aux critères flous, inquiètent les personnels pénitentiaires cliquer ici pour télécharger l’article

http://www.cgtspip.org/wp-content/uploads/2015/12/Travail_social_et_radicalisations.pdf

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LES RISQUES PSYCHOSOCIAUX (RPS) POUR LES NULS UN GUIDE CGT INSERTION PROBATION

Un 4 pages A utiliser sans modération !
Pour les militant.e.s CGT
Pour l’ensemble des personnels des Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation

QUE SONT LES RISQUES PSYCHOSOCIAUX ?
IDEES RECUES SUR LES RISQUES PSYCHOSOCIAUX

OBLIGATION FAITE AUX CHEFS DE SERVICE DE PRESERVER LA SANTE ET LA SECURITE DE LEURS AGENTS

PERSONNES RESSOURCES
QUE FAIRE LORSQUE VOUS ETES EXPOSES A DES RISQUES PSYCHOSOCIAUX ?

OUTILS DE PREVENTION
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AXES REVENDICATIFS DE LA CGT INSERTION PROBATION
EN SANTE SECURITE AU TRAVAIL

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Infographie INRS RISQUES PSYCHOSOCIAUX 9 CONSEILS POUR AGIR AU QUOTIDIEN Version imprimable Infographie-RPS-9conseils

Budget pénitentiaire 2018 – Pour un vote éclairé

Budget pénitentiaire 2018 – Pour un vote éclairé Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs,

Budget-penitentiaire-2018 senat

Vous allez être amenés le 5 décembre prochain à examiner le budget de l’administration pénitentiaire. Celui d’une institution en crise, frappée par une surpopulation endémique dans les prisons, qui tient structurellement en échec la préservation de la dignité des personnes et l’objectif de prévention de la récidive assigné à l’exécution des peines.

La réalité carcérale ne peut être ignorée : la promiscuité est insoutenable dans les maisons d’arrêt, où deux à trois personnes, voire plus, s’entassent dans des cellules de moins de 9m², 22heures sur 24. Près de 1 400 personnes sont contraintes chaque nuit de dormir sur des matelas à même le sol. Une part importante du parc carcéral est insalubre. Le droit à la santé est malmené et l’oisiveté subie est massive. Les constats en ce sens ne cessent de s’accumuler – qu’ils proviennent du Contrôleur général des lieux de privation de liberté ou du Comité pour la prévention de la torture du Conseil de l’Europe.

Dans un récent rapport, les inspections générales des services judiciaires, des affaires sociales et des finances, chargées d’évaluer les politiques d’insertion des personnes placées sous main de justice, concluent à un « échec collectif » d’une « profondeur historique » et invitent à « regarder la situation en face, avec lucidité et courage, et à agir ». Selon elles, « la valorisation du milieu ouvert et la maîtrise du recours à la détention » sont plus que jamais « indispensables dans un système pénal arrivé à saturation ». Un choix qui « répond à la fois à une logique de réinsertion et de réduction du coût pour les finances publiques » .

Des déclarations gouvernementales ont fait résonnance.

En juillet 2017, le Premier ministre a affirmé : « Le recours à l’enfermement ne doit pas traduire une paresse de l’esprit qui s’interdirait de réfléchir au sens de la peine, à la nécessité d’empêcher la récidive et à l’obligation de préparer la réinsertion. »

En octobre, la ministre de la Justice a surenchéri en soulignant qu’il ne « faut plus faire de la prison la seule peine de référence : ce ne sont pas que des mots, c’est un changement de paradigme ». Pourtant, le budget 2018 ne traduit pas ces orientations.

 L’accroissement du parc carcéral toujours en première ligne

Le budget de la Justice est certes en hausse, mais l’administration pénitentiaire ne profite pas d’augmentation de moyens. Et, comme les années passées, son budget reste grevé par le poids de l’immobilier et l’accroissement du parc carcéral. Ce poste de dépense représente 42% des autorisations d’engagement (hors dépenses de personnel). Et la facture est lourde. 299,7 millions d’euros sont notamment prévus pour la construction de nouvelles prisons correspondant aux programmes initiés par le gouvernement précédent et l’amorce d’un nouveau programme (études et acquisitions foncières).

Des investissements qui se font encore et toujours au détriment de l’entretien du parc existant. Faute de crédits suffisants pour la rénovation, le parc a vieilli prématurément, si bien que plus d’un tiers des cellules (35,7%) peut être aujourd’hui considéré comme vétuste. La sous-dotation se perpétue. Si les documents budgétaires prétendent qu’un « effort est entrepris sur la maintenance du parc existant », il n’en est rien dans la réalité : seulement 82,8 millions d’euros sont alloués à la rénovation, ce qui représente une baisse de 33% par rapport à 2017, alors que l’administration pénitentiaire estime que 120 à 130 millions d’euros par an sont nécessaires pour maintenir les établissements « à un niveau correct ». Celle-ci a maintes fois déploré que l’on « sacrifie le parc classique de manière aussi constante »4 . Elle n’a pas été entendue.

La réinsertion, le parent pauvre

Le budget de 24,9 millions d’euros prévu pour le déploiement des activités proposées aux personnes détenues fait aussi pâle figure, marquant l’absence de politique nationale réfléchie pour donner un sens à la peine. Les prisons françaises sont pourtant gangrénées par le désœuvrement massif, générateur de tensions et violences. Alors que le Conseil de l’Europe recommande un programme d’activités équilibré permettant aux détenus de passer au moins 8 heures par jour hors de leur cellule, la durée moyenne d’activités par personne plafonnait en 2014 à 1h30, une grande majorité des détenus en maison d’arrêt restant enfermés 22 heures par jour en cellule.

Cette durée serait remontée à 3h40 en semaine (et 24 minutes le week-end) fin 2016 en maison d’arrêt, avec l’allocation des crédits supplémentaires débloqués dans le cadre du plan de lutte antiterrorisme (PLAT). Le gouvernement s’était donné un objectif de cinq heures d’activités hebdomadaires. Une ambition qui semble difficilement atteignable sans augmentation significative des moyens. Or, si le budget consacré aux activités est légèrement supérieur à celui de 2016 (24,3M€), cette hausse reste marginale et largement insuffisante par rapport aux besoins. «Tant que l’oisiveté sera la principale activité des personnes détenues, leurs capacités de réintégration sociale ne progresseront pas »5 , soulignait fin 2016 l’ancien garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas.

À l’inverse, les crédits dévolus à la sécurisation des établissements ne connaissent pas de restriction. Avec plus de 101 millions d’euros, la sécurité est le deuxième poste budgétaire de l’administration pénitentiaire. 43,7 millions d’euros sont prévus pour la sécurisation des établissements, un budget en hausse (+7%) alors qu’il avait déjà explosé en 2017 par rapport aux années précédentes, passant de 24,6 à 40,8 millions d’euros entre 2016 et 2017 (+ 65,8%).

 Les alternatives à l’emprisonnement toujours négligées

Pivot de la politique de prévention de la récidive et de l’accompagnement des personnes placées sous main de justice, les services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) souffrent sans conteste d’une pénurie constante de moyens humains et financiers. 150 recrutements supplémentaires sont prévus dans le budget 2018 (une hausse d’environ 4,5% des effectifs), mais cet effort est bien en deçà des besoins. Pour parvenir à l’objectif fixé par le président Emmanuel Macron de 40 dossiers par conseiller d’insertion et de probation – contre en moyenne 100 actuellement – il faudrait en fait doubler les effectifs.

Pire, les budgets de fonctionnement de ces services ont été sensiblement réduits (-9,8%), amputant tout particulièrement les moyens dédiés à la prise en charge en milieu ouvert, dans le cadre d’alternatives à l’emprisonnement ou d’aménagements de peine. Les inspections générales chargées d’évaluer les politiques d’insertion ont pourtant rappelé – comme nombre d’études avant elles – les effets délétères de l’enfermement, qui renforce les facteurs de précarité sociale et de fragilité psychologique, quand d’autres types de réponses pénales pourraient être privilégiés. L’incarcération est par ailleurs la sanction qui produit le plus fort taux de récidive : 61% des sortants de prison sont recondamnés à de l’emprisonnement ferme dans les cinq ans. C’est aussi la plus onéreuse : le coût d’une journée de détention pour l’administration pénitentiaire est en moyenne de 104 euros, quand celui d’un placement extérieur est de 34 euros par jour et le placement sous surveillance électronique de 10 euros. Pourtant, le projet de budget 2018 prévoit une baisse des financements alloués à ces aménagements de peine en milieu ouvert, en contradiction avec la volonté affichée par le gouvernement de renforcer les alternatives à l’emprisonnement.

Ainsi, les crédits alloués à la location des bracelets électroniques passent de 15,4 à 11,2 millions d’euros. Une diminution de 27,2%. Idem, les fonds dévolus au placement extérieur, mesure reconnue pour être la plus adaptée aux personnes condamnées isolées et fragilisées, car elle permet un hébergement social et un suivi global et individualisé par les services pénitentiaires et le secteur associatif, diminuent de 26,3% par rapport à 2017. Une baisse qui fragilise encore un peu plus les associations chargées de porter cette mesure – déjà sous financée – et empêchera indéniablement son déploiement.

Le projet de 15 000 nouvelles places de prison : un choix incompatible avec le « changement de paradigme » souhaité

Le projet d’accroissement du parc carcéral de 15 000 places au cours du quinquennat, qui doit être inscrit dans une future loi de programmation, ne peut qu’alarmer. A fortiori dans un contexte de grande tension budgétaire.

Comme l’a relevé la commission sur le Livre blanc pénitentiaire en avril dernier, un tel programme impliquerait un effort budgétaire considérable. Entre les dépenses liées à l’acquisition foncière et la construction des bâtis, le recrutement de personnels supplémentaires (estimés à 13 270 nouveaux agents) et les frais de fonctionnement, ces nouveaux établissements alourdiraient de 1,4 milliards les charges du ministère de la Justice sur le quinquennat, alors qu’il doit d’ores et déjà faire face à une dette de 5,7 milliards au titre de constructions passées. À l’issue du programme, le budget de l’administration pénitentiaire devrait être augmenté d’un quart pour faire face aux différents coûts d’exploitation, sans compter les nouveaux besoins en personnels judiciaires pour accompagner cet accroissement du parc.

Comment imaginer, dans ce cadre, que des sommes importantes pourront être débloquées à l’avenir, ne serait-ce que pour doubler le nombre de conseillers d’insertion et de probation ? Comment croire que des fonds adéquats seront un jour dégagés pour mettre un terme à l’oisiveté subie en prison et rénover les établissements vétustes, alors que ces secteurs ont toujours été les parents pauvres du budget ? Comment penser que les moyens nécessaires seront déployés pour développer l’offre d’alternatives et d’aménagements de peine ?

Ce projet de construction est d’autant plus regrettable qu’il est inutile pour résoudre le problème de surpopulation. En effet, si toutes les personnes détenues exécutant actuellement un reliquat de peine de moins d’un an (environ 19 000) bénéficiaient d’une libération sous contrainte comme la loi le permet, il n’y aurait d’ores et déjà plus de surpopulation carcérale dans les maisons d’arrêt.

Ce choix de réduire la population carcérale, la plupart des grands pays européens l’ont fait, alors que celle-ci ne cesse d’augmenter en France. Le nombre de personnes détenues dans les prisons européennes a baissé de presque 7% en un an, selon une enquête réalisée par le Conseil de l’Europe. Il a même réduit de moitié aux Pays-Bas, au point de fermer des prisons. À l’instar des pays scandinaves, l’Allemagne a diminué sa population carcérale de 23% ces treize dernières années. Et ce, en limitant la détention provisoire, en misant sur les alternatives et en diminuant la durée des peines prononcées.

Pour toutes ces raisons, nous vous invitons à remettre en cause les choix budgétaires qui vous sont soumis et à proposer des affectations alternatives. Nous vous invitons à vous engager en faveur d’une politique pénale basée sur les recommandations des instances nationales et internationales qui, toutes, appellent à mettre un terme à l’inflation carcérale et à privilégier la décroissance pénale et les mesures alternatives, mieux à même de favoriser la prise en charge des personnes et leur sortie de délinquance.

Nous vous remercions pour l’attention accordée à ce courrier et sommes à votre disposition pour débattre de ces questions de vive voix.

Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de notre considération distinguée.

 

Signataires : Sylvain Gauché, président de l’association des avocats pour la défense des droits des détenus, Florence Couprie, présidente de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, Christian Saint-Palais, président de l’Association des avocats pénalistes, Aurélien Beaucamp, président de Aides, Guy-Bernard Busson président de l’Association nationale des assesseurs extérieurs en commission de discipline des établissements pénitentiaires, Cécile Dangles, première vice-présidente adjointe de Association nationale des juges de l’application des peines, Paul Marconot, président de l’Association nationale des visiteurs de prisons, Benoit David, président de Ban public, Gilles Petit-Gats, directeur général du Centre d’action sociale protestant-Association réflexion action prison justice, Sarah Silva-Descas, secrétaire nationale de la CGT Insertion-Probation, Sylvain Lhuissier, délégué général de Chantiers-Passerelles/Forum du TIG, Jean-Claude Mas, secrétaire général de la Cimade, Thierry Lebéhot, président de Citoyens et justice, Annick Berthelot, présidente du Courrier de Bovet, Thierry Kühn, président d’Emmaüs France, Alexis Saurin, président de la Fédération des associations réflexion action prison justice, Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité, Naomi Chaussat, présidente du Génépi, Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l’homme, Alexandre Duval-Stalla, président de Lire pour en sortir, Delphine Boesel, présidente de la section française de l’Observatoire international des prisons, Bernard Bolze, directeur de Prison insider, Bertrand Couderc, président du Syndicat des avocats de France, Véronique Fayet, présidente du Secours catholique, Rémy Moreuille-Tassart, secrétaire général du Syndicat national de l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire-FSU, le secrétariat national du Syndicat national des personnels de l’éducation et du social-Protection judiciaire de la jeunesse-FSU, Clarisse Taron, présidente du Syndicat de la magistrature

BD : La liberté est l’affaire de tous !

L’observatoire de l’Etat d’urgence édite une bande dessinée particulièrement percutante sur la défense des libertés publiques !
A diffuser et faire tourner sans modération !

CONNAISSEZ-VOUS LA FABLE DE LA GRENOUILLE CUITE ?

Non ? Alors empressez-vous de lire La liberté est l’affaire de tou-te-s, la bande dessinée de l’Observatoire de l’état d’urgence réalisée en collaboration avec la dessinatrice Mirion Malle afin de dénoncer le caractère liberticide de la loi antiterroriste mais aussi, hélas, l’absence de mobilisation générale. Or il est plus que jamais nécessaire de monter au créneau pour défendre les droits et les libertés fondamentales contre l’instauration d’un état d’urgence permanent qui risque de saper les fondements de la démocratie au prétexte de défendre celle-ci.

Lutter contre les actes terroristes ne fait pas débat. Préserver nos libertés en mérite un.

 

Images intégrées 1

Images intégrées 2

 

QUI EST MIRION MALLE ?

Mirion Malle, née le 7 juillet 1992 en Charente-Maritime, est une dessinatrice de bande dessinée française. Elle se fait connaître grâce à son blog BD féministe Commando Culotte où elle expose, dès 2011, son quotidien, avant de se consacrer aux clichés concernant la représentation des femmes dans les films et les séries télévisées.

interpellation député.e.s sur les articles 27 et 28 proposition de loi de programmation et d’orientation sur le redressement de la justice

Mesdames, Messieurs les député-e-s,
Sur proposition de la Commission des Lois du Sénat, vous allez très prochainement être appelé-e-s à vous prononcer sur les dispositions législatives à mettre en œuvre en vue du redressement de la Justice.
A cette occasion, nous souhaitons attirer votre attention sur la portée hautement préjudiciable des articles 27 et 28 de la proposition de loi de programmation et d’orientation sur le redressement de la Justice plus enclins à faire reculer notre Justice qu’à la redresser.

Version imprimable INTERPELLATION
S’appuyant sur le constat que le système d’aménagement de peine ab initio pourrait nuire au sens de la peine, le Sénat propose d’abord de réduire le seuil des quanta de peines susceptibles d’être aménagées avant une période de détention (« ab initio ») et de limiter le recours à ces aménagements de peines sur seule orientation de la juridiction de jugement (article 27).
Dans un contexte où nos établissements pénitentiaires ne sont plus en mesure d’absorber une augmentation massive des placements en détention et où les conséquences délétères de l’emprisonnement sur la désinsertion et la récidive sont largement connues et documentées, ces deux premières dispositions s’avèrent totalement contre-productives et dévastatrices en ce qu’elles entraineraient une inflation certaine de la population carcérale, un accroissement indéniable de l’inexécution des peines et une augmentation incontestable des courtes peines que notre système carcéral n’a pas les moyens d’accompagner.

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Contribution CGT insertion probation Audition devant le Sénat sur le PLF 2018 – Budget de l’administration pénitentiaire

Le 8 novembre dernier, la CGT insertion probation participait à une table ronde organisée par Alain Marc, rapporteur de la commission des lois du Sénat pour la mission Justice crédits de l’administration pénitentiaire sur le projet de loi de finances 2018.

Au vu du temps réduit d’échange, la CGT insertion probation a tenu à apporter une contribution écrite afin que l’ensemble des enjeux soient portés à la connaissance entre autres des sénatrices et sénateurs pour le débat parlementaire en cours.

Ce projet de loi ainsi que le projet de loi de finances de la sécurité sociale confirment la volonté du gouvernement de répondre aux injonctions de la commission européenne, orientation résolument libérale et de politique d’austérité.

Version imprimable contribution Commission des lois Senat PLF 2018

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